EDITO:Sous le “Nouveau Départ”, la corruption trépasse

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Quand les chiffres tombent, ils donnent le tournis. Au Bénin, chaque année, du fait de la corruption, ce sont des milliards qui, au détriment des caisses de l’Etat, se volatilisent dans la nature. Presque jamais, pas de justice et, même quand il y en a, elle n’aboutit pas, et pas de sanction. Conséquence, après 59 ans d’indépendance, nous voici dans un Etat pauvre, mais où des individus au service des populations, et sans qu’on n’y comprenne grand-chose, sont très riches. Ce désastre érigé en tradition a traversé des générations, résisté aux pouvoirs politiques et se fait toujours le vilain plaisir de narguer le gouvernement en place.

Mais, la corruption a beau courir, elle a fini par rencontrer, comme on le dit par ici, ‘‘Garçon’’. Il était temps. Talon à la Marina, et les pratiques pas trop catholiques ressortent des tiroirs, rattrapent les sangsues de l’économie nationale et défient une impunité longtemps érigée en règle. Evidemment, bien attaqué, ce grand obstacle à la croissance économique, laissera que le Bénin, dans sa marche vers le progrès, reprendre son souffle.

Et, ce qui est intéressant dans cette guerre du Nouveau départ contre la corruption, c’est que personne n’y échappe. Ils avaient géré, avec légèreté, sous le régime précédent, qu’ils en répondent. Partisans de Talon, ils sont aujourd’hui aux affaires ou les ont été avec des casseroles, qu’ils passent à la barre. D’ailleurs, quand il est question de rendre justice aux pauvres contribuables béninois et aux honnêtes travailleurs, il n’y a point d’état d’âme. Sur ce point, chapeau à Talon !

C’est donc logiquement que les efforts du Gouvernement béninois en matière de lutte contre la corruption ont induit une légère avancée dans l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) de L’ONG Transparency international. Dans son classement pour le compte de l’année 2019, le Bénin a gagné un point (41 sur 100) par rapport à sa position en 2018. Le pays a progressé de 05 places au classement mondial, 80e sur 180 pays. Cette performance mérite d’être saluée. C’est déjà un pas encourageant qui est franchi par le Gouvernement de la rupture qui fait de la lutte contre la corruption, son principal cheval de bataille.

En définitive, si tant est que la volonté politique reste en l’état, je ne serai pas surpris que les vieilles pratiques changent, que les investisseurs accourent et que la caisse commune se porte mieux. Si ailleurs, c’est possible, et que sans exception, tout le monde respecte le bien public, pourquoi pas au Bénin ?

Loin d’un souhait, en dehors du travail, la lutte contre la corruption est la voie royale pour qu’au plan économique, le Bénin décolle. Vaincre la fatalité, c’est déjà relever ce défi. Talon est-il un compétiteur né ? S’il en est vraiment un, il ne lui reste désormais qu’à passer à la vitesse supérieure et à rester droit dans ses bottes. Ferme et intransigeant. Mais, à la fin, pourvu que la corruption trépasse et que les fossoyeurs paient pour leur forfait ! Il n’y a que ça qui importe. Le reste, on s’en fout !




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