Mali: Le chef de la Cédéao réclame «l’union sacrée de tous les Maliens» pour sortir de la crise

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Les 15 présidents de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont appelé lundi les Maliens à “l’union sacrée” et proposé des solutions pour résoudre la crise qui ébranle le pays depuis juin, menacant de “sanctions” les récalcitrants.
Le président en exercice de la Cédéao, le président nigérien Mahamadou Issoufou, a demandé lundi à ses pairs d’Afrique de l’Ouest, réunis en sommet virtuel, d’adopter des « solutions fortes pour une sortie de crise rapide au Mali ». « Nous devons donc sortir de ce sommet extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région », a déclaré Mahamadou Issoufou dans son discours d’ouverture, cité dans un communiqué de la présidence du Niger.

Pour cela, il déclare que la résolution de crise politique qui ébranle le Mali « exige une union sacrée de tous les Maliens ». « La situation nous interpelle tous, mais elle interpelle au premier chef tous les Maliens. Cette situation exige d’eux un sursaut national. Elle exige l’union sacrée de tous les Maliens »

« Des mesures fortes » attendues
À l’issue d’une journée de discussions dans la capitale malienne, les cinq présidents ouest-africains n’avaient pas réussi à convaincre l’opposition, menée par l’influent Iman Mahmoud Dicko, d’approuver son plan de sortie de crise, alors que les voisins et partenaires du Mali craignent que le pays, déjà miné par des violences notamment jihadistes, sombre dans le chaos. « À l’issue de ce sommet (lundi), je pense que la Cédéao prendra des mesures fortes pour accompagner le Mali », avait déclaré avant de quitter Bamako de Mahamadou Issoufou.
Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait 11 morts selon le Premier ministre Boubou Cissé. Une division de la Mission de l’ONU dans le pays (Minusma) parle de 14 manifestants tués. Le M5 évoque 23 morts.
Le résultat des législatives à l’origine de la crise
La Cédéao a notamment proposé le 19 juillet la formation d’un gouvernement d’union nationale et d’une nouvelle Cour constitutionnelle sur une « base consensuelle », chargée de résoudre le litige autour des résultats des législatives de mars-avril, considéré comme le déclencheur de la crise actuelle.
Au climat d’exaspération, nourri depuis des années par l’instabilité sécuritaire dans le centre et le nord du pays, le marasme économique ou une corruption jugée endémique, est venue s’ajouter l’invalidation par la Cour constitutionnelle d’une trentaine de résultats de ces législatives.
Des jeunes du mouvement qui mène la contestation ont réitéré dimanche à Bamako leur appel à la démission du président Keïta et à la reprise des manifestations après le 3 août.




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